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Jardin nourricier
Témoignage
Mon projet 111 Belles Vues
C’est le 28 mars 2021 que mon aventure en permaculture débute: après avoir lu un article de La Presse exposant un projet de forêt nourricière à Vancouver, me voilà sur internet à la recherche d’informations et de formations sur la permaculture…en quelques clics, je me retrouve inscrite au “Cours de design en permaculture” offert en ligne par Wen Rolland. Cette formation de plus de 80 heures sur 5 mois m'amène à formuler le premier objectif de mon projet, 111 Belles Vues:
Au cours des 6 prochains mois, je m’engage à poser des actions et établir des habitudes qui me permettront de concevoir les bases de nouveaux
écosystèmes naturels et durables en harmonie avec les caractéristiques spécifiques du terrain et des “standing people”, les épinettes blanches, qui y
habitent.
Mais qu’est-ce qui m’a pris de me lancer dans cette folle aventure? Mon conjoint et moi avons acheté notre maison à Eastman en septembre 2019. On aimait bien: la courte distance de la maison à l’autoroute 10, voie rapide vers nos emplois à Sherbrooke et Montréal; les 2 espaces à bureau pour nous qui étions déjà partiellement en télétravail de par la nature de nos fonctions; les grandes fenêtres qui laissaient entrer la lumière; l’aménagement du rez-de-jardin qui pouvait accueillir les enfants et les petits-enfants.
Cependant, cette ancienne pessière, dézonée pour devenir une zone résidentielle de plusieurs cadastres, n’avait jamais été récoltée ni régénérée. Cette monoculture avait appauvri le sol et aussi, en quelque sorte, gâché la vue et les sensations de bien-être qu’on a normalement en nature. Notre terrain de 1.25 acres n’était pas parfait mais on s’en accommoderait. Jusqu’au jour où j’ai entendu parler de permaculture. J’avais trouvé ma nouvelle mission suite à la décision de me retirer du marché du travail: favoriser la résurgence de la biodiversité sur cette plantation d’épinettes blanches et ce grand terrain gazonné!
Pour ce faire, plus de 55 espèces de végétaux ont été mis en terre, principalement indigènes e.g. myrique baumier, noisetier américain et à long bec, viorne trilobée et cassinoïde, aulne crispé, sureau blanc, mélilot blanc, monarde fistuleuse, lupin, comptonie voyageuse, thé des bois, livèche, achillée, ronce odorante, prunier noir, pommetier Dolgo, noyer cendré et noir, bouleau jaune, mélèze laricin, thuya occidental, pin blanc, bleuet sauvage, chèvrefeuille du Canada et dièrevillé, lilas commun. Les forêts nourricières contiennent aussi des camerisiers, des amélanchiers saskatoon, des fines herbes, des poiriers de Mandchourie, un pommier jaune transparente, un prunier-cerisier chum Opata, des muriers Chester, des vignes Bel-chasse et Sabrevoix. Quant au potager, on y cultive entre autres des asperges, de l’ail, des échalotes de Ste-Anne, de la ciboulette ail, des tomates petit moineau, des citrouilles, de la roquette sauvage et de la camomille. Finalement, les haies de sureau blanc et de saule arbustif et apportent une certaine intimité, produisent des petits fruits (sureau blanc) utilisés pour aromatiser le kombucha maison et de la biomasse (saules).
Les étapes du projet
2021 - La formation et la conception du design
-expérimentation du potager en lasagne (parti sur une surface gazonnée)
-pairage avec Renaud de Larochellière comme co-designer
-reformulation de l’objectif du projet dans le cadre de la formation et du projet d’aménagement permaculturel
Concevoir un environnement boisé et nourricier procurant de l’intimité aux humains et un habitat faunique de qualité, dans un horizon de cinq ans.
2022 - L’implantation - phase 1
-coupe de régénération du boisé et vente de près de 700 billots d’épinette blanche à une scierie locale
-ajout de sol (BRF, terre, compost), enrichissement (fumier de poule) et paillage (ballots de panic érigé produits en Estrie)
-bases de la première forêt nourricière (plantation d’arbres fruitiers)
-haies brise-vent et brise-vue
-reconfiguration du potager
2023 - L’implantation - phase 2
-bases de la 2e forêt nourricière
-ajout d’herbacées
-semis directs de trèfle dans les forêts nourricières
-établissement de l’aire de jeu et déplacement du foyer
-installation du “cone vert” pour la biodigestion des résidus alimentaires
2024 - L’implantation - phase 3
-enrichissement des forêts nourricières, ajout d’arbustes et d’herbacées
-semis - fines herbes, vivaces et quelques légumes
-gestion de l’eau - préparation des plans pour la cueillette de l’eau de pluie (2000 litres de capacité prévue) et pour les 2 jardins de ruissellement
-construction d’un composteur en bois pour les matières végétales dans un but de production de compost maison (avec la biodigestion et le compost maison,
nous n’avons plus besoin du bac brun de la municipalité)
Ce que j’en retire
-meilleure compréhension des écosystèmes et du concept de biodiversité
-sentiment de faire la bonne chose grâce à l’alignement de ce projet avec nos valeurs personnelles et citoyennes
-bien-être procuré par cette nature grouillante, odorante et vivante - abeilles, bourdons, papillons, pics bois, colibris, couleuvres, crapauds
-petit garde-manger varié, de saison
-projet éducatif en héritage à nos petits-enfants
-tout un réseau local de producteurs de semences et de végétaux de qualité de même que d’agriculteurs et de commerces qui favorisent les circuits courts





